Auga e Sal (Saint-Jacques-de-Compostelle) : manger du lotte et des coquilles Saint-Jacques à 100 mètres de l'Obradoiro

Auga e Sal (Saint-Jacques-de-Compostelle) : manger du lotte et des coquilles Saint-Jacques à 100 mètres de l'Obradoiro

Écrit par : Javier   17/09/2026   8 minutos

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Critique honnête d'Auga e Sal, restaurant de cuisine galicienne dans le centre historique de Saint-Jacques-de-Compostelle, à deux pas de l'Obradoiro. Lotte, coquilles Saint-Jacques, produits de saison et ce qu'il faut attendre du ticket moyen.

Nous sommes allés à Auga e Sal, à deux pas de l’Obradoiro

Nous y sommes allés un jeudi d’octobre, trois amis, avec un bel appétit et l’envie de manger galicien sans tomber dans le piège du poulpe pour touristes. Saint-Jacques a ce quelque chose : vous sortez de la Cathédrale et, cinq minutes plus tard, vous vous retrouvez dans un endroit aux nappes en papier où l’on vous facture 28 € une coquille Saint-Jacques surgelée. Auga e Sal représentait le pari inverse : réservation faite deux semaines à l’avance, cuisine galicienne axée sur le produit et la Praza do Obradoiro littéralement à deux pas.

Ce n’est pas une découverte cachée, attention. Elle figure dans les guides, l’hôtel la recommande et il y a des jours où elle est pleine. Mais elle tient la route, et c’est là le plus difficile. Et pour qui cherche où manger du lotte à Saint-Jacques-de-Compostelle sans prendre de risque, c’est l’une des options les plus solides du centre historique.

Le lieu : pierre, lumière zénithale et silence

Auga e Sal se trouve dans la Rúa do Preguntoiro, en plein centre historique, à environ 100-150 mètres de la Praza do Obradoiro en marchant tranquillement. Cinq minutes à peine depuis la façade de la Cathédrale. Coordonnées exactes pour ceux qui utilisent le GPS : vieille ville, zone piétonne, aucun problème de voiture car on ne peut pas s’en approcher même si on le voulait.

L’endroit surprend. De l’extérieur, une façade en pierre sobre, sans signalétique agressive. À l’intérieur, une salle à manger aux hauts plafonds, murs en pierre apparente, tables vraiment séparées (pas ce serrement de bistrot moderne où l’on apprend le divorce du voisin) et une lumière zénithale qui entre par une cour et change selon l’heure. On mange tranquillement. Le bruit de fond est celui de la conversation, pas de la pop à plein volume.

Capacité petite à moyenne, environ 30-35 places. Accessibilité : il y a une petite marche à l’entrée, prévenir si vous venez en fauteuil roulant. Toilettes correctes.

La carte : lotte, coquilles Saint-Jacques et ce que fournit la criée

La carte est courte et honnête, comme je les aime. Cuisine galicienne traditionnelle avec quelques touches contemporaines, mais sans fioritures de mousse à je-ne-sais-quoi. Elle change selon la saison et selon ce qui arrive de la criée de Ribeira ou du marché d’Abastos (qui se trouve à dix minutes à pied, soit dit en passant).

Entrées

Nous avons commencé par une empanada aux zamburiñas, faite maison, pâte fine et bien cuite en dessous (ce détail qui sépare une bonne empanada de celle qui ressemble à une éponge détrempée). La garniture, juteuse, avec un oignon vraiment confit et des zamburiñas reconnaissables, non hachées jusqu’à l’illisibilité. Environ 6-7 € la portion individuelle.

Nous avons aussi pris des coquilles Saint-Jacques à la plancha avec leur corail, deux pièces par portion, bien marquées à l’extérieur et crues-tièdes à l’intérieur. C’est là le point. Si on vous les sert entièrement cuites, c’est du caoutchouc. Ici, non. Servies sur un lit de poireau confit et un filet d’huile d’olive. Prix, environ 18-22 € la portion de deux pièces, selon la saison. Quand elles sont en période de repos biologique, bien sûr elles ne seront pas fraîches : demandez avant.

Plat principal

Le plat phare du jour était le lotte à la galicienne : filet de lotte bouilli avec sa pomme de terre, paprika de la Vera et sauce à l’ail, à l’oignon et à l’huile. Cela semble basique, et ça l’est. C’est pour cela qu’il est si difficile à réussir. Le lotte était à point, juteux, sans ce goût de coton qu’il prend quand il est trop cuit. La pomme de terre galicienne, cuite dans le même bouillon que le poisson, absorbait la saveur sans se défaire. La sauce, généreuse sans noyer le plat. Autour de 26-30 € l’assiette.

L’un de la table a commandé un riz brothy au homard, pour deux personnes minimum. Je n’ai pas tout goûté, mais la bouchée qu’on m’a passée avait la bonne cuisson du riz (crémeux, légèrement al dente au centre) et un bouillon au vrai goût de mer. Ce riz ne tolère pas le bouillon en brique et, ici, ce n’est clairement pas le cas. Environ 32-36 € par personne.

Dessert

Cheesecake au four avec miel de châtaignier. Crémeux à l’intérieur, légèrement pris à l’extérieur, sans cet excès de sucre qui gâche 80 % des cheesecakes de restaurant. Le miel de châtaignier galicien lui apporte une amertume florale qui compense. 6-7 €.

Nous avons renoncé à la filloa par manque de place dans l’estomac, mais la table voisine l’a commandée et elle avait belle allure : fine, avec une crème pâtissière maison.

Le service : professionnel sans être guindé

Le service est sans précipitation mais sans vous laisser attendre. Une jeune femme nous a accueillis, qui connaissait la carte par cœur (l’origine du poisson, la découpe, les alternatives si un plat manquait). Quand nous avons demandé des vins, elle n’a pas sorti le discours commercial du « celui-ci est très intéressant ». Elle a demandé ce que nous allions manger, ce que nous buvions d’habitude et nous a proposé deux options dans des gammes de prix différentes. Pour moi, cela mérite déjà le pourboire.

La carte des vins : la Rías Baixas domine, comme il se doit

Carte raisonnable, avec une belle place pour la DO Rías Baixas (logique, nous sommes là-bas), une présence de la DO Ribeiro et de la DO Ribeira Sacra, et quelques rouges venus d’ailleurs pour qui ne veut pas de blanc avec le poisson. Nous avons opté pour un albariño de Rías Baixas d’un petit producteur (environ 28 € la bouteille) qui a tenu la distance : acidité marquée, salinité, et assez de corps pour ne pas se perdre avec le lotte.

Si la comparaison avec d’autres temples du vin que nous avons visités vous intéresse, jetez un œil au restaurant Ambivium à Peñafiel, avec 3 500 références de cave — ils jouent dans une autre cour, mais la philosophie d’accompagner le produit avec le vin de la région est la même.

Prix et rapport qualité-prix

Nous avons conclu avec des entrées partagées, un plat principal chacun, un dessert à trois, une bouteille d’albariño, de l’eau et des cafés. Au total, environ 55-65 € par personne vin compris. Sans vin, on peut rester à 40-45 €.

Est-ce bon marché ? Non. Est-ce cher pour ce qu’on trouve dans le centre historique de Saint-Jacques ? Pas vraiment. Il se situe dans la tranche moyenne-haute du centre et tient bien sa place pour ce prix. Il existe évidemment des endroits moins chers, mais il y a aussi beaucoup de pièges touristiques avec des coquilles précuisinées et du poulpe réchauffé à 22 € la tapa.

Réserver à Auga e Sal : comment et quand

Réservation très recommandée, surtout du jeudi au samedi le soir et les week-ends à midi. En haute saison (Semaine Sainte, été, Année jacquaire, ponts) réservez au moins une semaine à l’avance. Vous pouvez le faire par téléphone ou sur leur site. Horaires habituels : déjeuners de 13h30 à 15h30, dîners de 20h30 à 23h00. Fermé le dimanche soir et le lundi (confirmez avant, les horaires peuvent changer).

Si vous venez sans réservation un mardi ou mercredi à 14h00, vous trouverez peut-être une table. Un samedi à 21h00, ne vous fatiguez pas.

Verdict : 2 jambons 🐖🐖

Auga e Sal obtient 2 jambons sur 3. Recommandable, j’y reviendrai avec plaisir : c’est l’un des endroits où j’emmènerais quelqu’un qui vient pour la première fois à Saint-Jacques et veut manger galicien bien fait sans sortir de la vieille ville. Produit honnête, cuisine qui respecte la matière première, service qui sait de quoi il parle et un rapport qualité-prix raisonnable dans son contexte. Ce n’est pas une destination gastronomique en soi (je ne ferais pas le voyage à Saint-Jacques uniquement pour manger ici), mais si vous êtes déjà sur place, c’est un pari sûr.

Il lui manque le petit grain de risque ou de surprise qui lui vaudrait le troisième jambon. Tout est bien, rien ne vous déstabilise. Et parfois c’est exactement ce dont on a besoin après trois heures passées à admirer le Portique de la Gloire.

Pour qui : pèlerins aux moyens confortables, couples en escapade, familles qui veulent manger galicien dans de bonnes conditions, sans décor touristique. Pour qui pas : routard au budget serré (il existe des tavernes au meilleur rapport qualité-prix), ou convive qui cherche une cuisine d’avant-garde (ici, c’est la tradition bien exécutée, pas un feu d’artifice).

FAQ

À quelle distance se trouve Auga e Sal de la Cathédrale de Saint-Jacques ? Auga e Sal se trouve dans la Rúa do Preguntoiro, à environ 100-150 mètres de la Praza do Obradoiro, en plein centre historique piéton. On y arrive à pied en moins de cinq minutes depuis la façade principale de la Cathédrale. C’est l’une des adresses de cuisine galicienne les plus proches de l’Obradoiro.

Combien coûte un repas à Auga e Sal ? Le ticket moyen tourne autour de 55-65 € par personne vin compris, et d’environ 40-45 € sans boisson. Les plats principaux de poisson (lotte, coquilles Saint-Jacques, riz au homard) se situent entre 26 et 36 €. C’est dans la tranche moyenne-haute du centre historique de Saint-Jacques, sans être le plus cher.

Faut-il réserver à Auga e Sal ? Oui, très recommandé du jeudi au samedi et en haute saison (Semaine Sainte, été, ponts, Année jacquaire). Une semaine à l’avance suffit en dates normales. Le mardi et le mercredi à midi, on peut tenter sans réservation, mais nous ne le garantissons pas.

Quels plats vaut-il la peine de commander ? Les incontournables sont le lotte à la galicienne, les coquilles Saint-Jacques à la plancha avec leur corail et l’empanada aux zamburiñas. Si vous êtes deux ou plus, le riz brothy au homard est un pari sûr. Comme dessert, le cheesecake au four au miel de châtaignier galicien clôt bien le repas.

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